1. PRÉSENTATION
tuberculose, maladie infectieuse d'origine bactérienne, chronique ou aiguë, pouvant affecter toutes les parties du corps, mais touchant le plus fréquemment les poumons.
2.histoire
Au début du xixe siècle, les médecins français Gaspard Laurent Bayle et René Laennec décrivent la
tuberculose et en définissent les formes. Les deux hommes meurent de cette maladie. C'est un microbiologiste allemand, Robert Koch, qui découvre, en 1890, la bactérie responsable, le bacille tuberculeux. En 1890, il met au point le test à la tuberculine permettant de diagnostiquer la maladie.
En 1924, Albert Calmette et Camille Guérin (1872-1961) mettent au point le vaccin protégeant contre ce germe, le BCG (bacille Calmette-Guérin). L'année 1944 marque le début de la chimiothérapie de la tuberculose grâce à la découverte de la streptomycine par un microbiologiste américain, Selman Abraham Waksman. Mais le traitement connaît des progrès révolutionnaires avec l'apparition de l'acide paraminosalicylique en 1948, puis avec l'isoniazide.
3. AGENT RESPONSABLE
La tuberculose est due à la bactérie Mycobacterium tuberculosis, couramment appelée bacille de Koch ou bacille tuberculeux. Elle appartient à la famille des mycobactéries, qui comprend également la bactérie responsable de la lèpre. Comme l'indique le terme de bacille (du latin bacillus, « baguette »), il s'agit d'une bactérie en forme de bâtonnet. Elle est entourée d'une paroi très riche en lipides et donc dotée d'une grande imperméabilité, ce qui lui confère une résistance naturelle à de nombreux antibiotiques et la rendent moins sensible que d'autres bactéries aux désinfectants.
4. TRANSMISSION
Le bacille tuberculeux est présent dans les crachats. Il est transmis par des gouttelettes de salive ou par des particules de poussière, plus rarement par les sécrétions ou les produits alimentaires. À la différence d'autres maladies infectieuses, il n'y a pas de période d'incubation déterminée. En outre une seule infection ne confère pas une immunité durable. En fait, après la contamination initiale (primo-infection), le bacille peut rester longtemps dans l'organisme à l'état latent et attendre un affaiblissement des défenses immunitaires pour se multiplier. Plus d'un quart de la population mondiale est porteuse du bacille. Pourtant, seule une très faible proportion de ces personnes développe la maladie de façon apparente.
5. SYMPTÔMES
En général, les phases précoces ne sont pas symptomatiques. À des stades plus avancés, toutes les formes de tuberculose se traduisent par des symptômes communs : fièvre, fatigue, sueurs nocturnes, perte d'appétit (anorexie) et amaigrissement. Dans la tuberculose pulmonaire, qu'on appelait autrefois phtisie, viennent s'ajouter la toux, des douleurs thoraciques et des crachats contenant du sang (hémoptysies).
DÉPISTAGE ET DIAGNOSTIC
Une radiographie des poumons permet le dépistage des tuberculoses pulmonaires à un stade précoce en mettant en évidence des lésions pulmonaires, mais la confirmation du diagnostic nécessite des examens complémentaires. Le test à la tuberculine de référence consiste à injecter dans l'épaisseur de la peau une substance protéique dérivée de la culture de bacilles tuberculeux : c'est l'intradermoréaction. Jadis, on utilisait la cutiréaction par scarifications. Une réaction cutanée positive indique qu'il y a eu contact avec le germe de la tuberculose, par infection naturelle ou vaccination. Il arrive parfois que l'on retrouve le bacille tuberculeux dans les crachats.
7. TRAITEMENT
Le placement en institution spécialisée (le sanatorium d'autrefois) n'est plus nécessaire. Seuls les malades bacillaires (dont les crachats contiennent des bacilles) sont contagieux et doivent être soumis à un isolement simple au début du traitement. L'hospitalisation s'impose parfois, en particulier pour isoler le malade, mais le patient peut reprendre une activité normale dès que le mal est jugulé.
Le traitement est fondé sur des antibiotiques spécifiques, les antituberculeux : isoniazide, rifampicine, pyrazinamide, éthambutol, streptomycine, etc. Il peut être préventif chez les personnes, surtout les enfants, qui ont été en contact avec un tuberculeux. Les modalités exactes varient selon qu'il s'agit d'une primo-infection ou d'une « tuberculose-maladie » et, dans ce dernier cas, selon l'organe atteint. Dans la tuberculose pulmonaire, il faut suivre une trithérapie (traitement par l'association de trois antituberculeux) pendant deux mois, puis une bithérapie pendant six mois.
8. ÉPIDÉMIOLOGIE
La tuberculose fait des ravages à l'échelle planétaire. L'OMS estime qu'elle touche chaque année quelque 9 millions de personnes dans le monde, et en tue environ 1,7 million. La prévalence (nombre total de personnes atteintes à un moment donné) est surtout importante dans les régions pauvres et surpeuplées. Dans certains pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud présentant un très fort taux d'endémie, elle peut atteindre 600 cas pour 100 000 habitants. Elle est très inférieure dans les pays industrialisés ; en France, elle est, depuis 2004, inférieure à 10 cas pour 100 000 habitants. Cependant, la tuberculose est en nette recrudescence dans les pays industrialisés, plus particulièrement dans les milieux défavorisés et chez les sans-abri. Par ailleurs, l'épidémie mondiale de sida accroît à la fois la prévalence et la gravité de la maladie : non seulement les personnes atteintes du sida sont plus sensibles à l'infection par le bacille de Koch, mais encore ce dernier accélère-t-il la progression du VIH dans l'organisme. De fait, on estime que 13 p. 100 des décès des malades du sida sont imputables à la tuberculose.
Parallèlement, on assiste à un emballement dans le phénomène d'apparition de souches bactériennes résistantes aux médicaments antituberculeux, d'autant plus problématique que le bacille tuberculeux est naturellement insensible à de nombreux antibiotiques, ce qui limite les possibilités de traitements alternatifs. Ainsi, après des souches résistantes à un des antibiotiques les plus couramment utilisés en première intention, des souches multirésistantes (MR) ont fait leur apparition ; elles sont insensibles à au moins deux de ces antibiotiques, à savoir l'isoniazide et la rifampicine. Selon l'OMS, la tuberculose MR représente quelque 800 000 cas dans le monde. À côté de ces souches MR, des souches dites ultrarésistantes (UR) ont par ailleurs été décrites, début 2006 ; leur apparition est extrêmement préoccupante : elles sont en effet insensibles à tous les antituberculeux courants, mais aussi à plusieurs molécules de seconde intention — administrées lorsqu'une première médication a échoué —, à savoir au moins trois des six classes de ces molécules.
Ces souches ultrarésistantes ont été identifiées dans toutes les régions du monde, mais sont particulièrement fréquentes en Asie et en Europe de l'Est, ainsi qu'en Afrique du Sud, où le taux de mortalité de la tuberculose est extrêmement élevé en raison de la forte prévalence du sida. Plus long (jusqu'à deux ans), plus toxique, le traitement de la tuberculose UR est également beaucoup plus cher (plus de 100 fois le coût du traitement de la tuberculose non résistante), ce qui fait de cette forme de la maladie un véritable fléau.
En 2006, l'OMS a mis en place une nouvelle stratégie de lutte, baptisée Halte à la tuberculose, dans le cadre du Partenariat mondial Halte à la tuberculose (signé en 2000) : elle a pour buts, notamment, de promouvoir et réaliser l'accès aux soins pour tous, même dans les pays les plus pauvres, de lutter contre les tuberculoses résistantes et contre la coinfection tuberculose-VIH, de promouvoir la recherche sur les méthodes diagnostiques, les traitements et les vaccins. L'ensemble de ces actions poursuit deux buts : avoir, en 2015, réduit la prévalence de la maladie et son taux de mortalité de moitié par rapport à 1990 ; avoir atteint, en 2050, une prévalence ne dépassant pas 1 cas par million d'habitants.
9. PRÉVENTION
La prévention repose essentiellement sur la vaccination par le BCG, composé de bactéries de l'espèce Mycobaterium bovis (responsable de la tuberculose bovine) atténuées, c'est-à-dire ayant perdu leur virulence. Elle se pratique par injection intradermique. En France, la vaccination est obligatoire chez l'enfant avant son entrée en collectivité (par conséquent au plus tard avant l'entrée à l'école primaire) ; les adultes pratiquant des professions à risque de contamination doivent également être vaccinés.
Toutefois, le BCG ne permet pas de lutter contre la propagation de la bactérie responsable, mais seulement contre l'apparition des formes les plus graves de la maladie (méningites tuberculeuses notamment). Encore cette protection n'est-elle pas absolue : si elle atteint 80 p. 100 chez les nourrissons, elle ne dépasse pas 50 p. 100 chez les adultes.
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